Cadre Noir de Saumur (Maine-et-Loire)
Le 18 juillet 2024, le matin, j'ai visité le Cadre Noir de Saumur.
À la fin du 16ème siècle, Philippe Duplessis-Mornay est mandaté par Henri IV afin de créer une Université Protestante dont l'intégration d'une Académie d'Équitation.
L'Académie d'Équitation est dirigée par Monsieur de Saint-Vual et accueille des étudiants originaires d'Anjou, d'Angleterre, de Hollande et d'Allemagne.
Le 14 mai 1674, après la Révocation de l'Édit de Nantes, Monsieur de Malverne remplace Monsieur de Saint-Vual au poste d'Écuyer professeur.
Il est soutenu par Gabrielle de Rochechouart-Mortemart, abbesse de Fontevraud.
Il est accompagné de 10 chevaux qui sont destinés aux exercices pour les élèves.
En 1677, par manque d'élèves dû à la concurrence des Écoles des Tuileries et des Grandes Écuries du Château de Versailles, le manège de Saumur ferme ses portes.
Entre 1756 et 1763, pendant la Guerre de Sept Ans, Louis XV est contraint de réorganiser la cavalerie française à cause des nombreuses défaites.
Le duc de Choiseul est mandaté pour cette réorganisation.
Les fournitures des cavaliers sont données par le Roi, tandis que les chevaux sont fournis par les Haras Nationaux.
Les 5 autres de cavalerie de l’armée Royale sont formés par le corps des Carabiniers.
Les 5 écoles de formation sont Douai, Besançon, Cambrai, Metz et Angers.
Le 11 juin 1763, l'évêque d'Angers, Monseigneur Arnauld, considère que les militaires sont un risque pour la moralité des paroissiens, et décide donc de transférer le Régiment de Carabiniers à Saumur.
Ce corps d'élite avait été créé par le Marquis de Monteynard.
En 1766, les méthodes d'enseignement des Carabiniers d'Angers obligent les autres écoles à apprendre la technique saumuroise.
De 1767 à 1770, le bâtiment central actuel a été construit pour le Régiment de Carabiniers.
En 1768, Monteynard crée une École de Cavalerie après avoir fait construire le manège de Saumur.
En 1771, l'École des Carabiniers est établie à Saumur et est en capacité de former l'élite. Chaque école à l'obligation d'envoyer 4 officiers et 4 sous-officiers afin d'apprendre l'engagement de la Cavalerie sur les champs de bataille.
En 1788, l'École de Cavalerie ferme.
Les Carabiniers sont remplacés par les Dragons de Penthièvre et le Royal-Roussillon.
Le 23 décembre 1814, Louis XVIII crée l'École d'Instruction des Troupes à cheval à Saumur.
Cette école se trouvait à Saint-Germain-en-Laye et les villes d'Angers et Saumur étaient candidates pour l'accueillir.
Le 1er mai 1815, l'école ouvre ses portes aux élèves.
L'école est dirigée par le Général Levesque de La Ferrière.
Chaque année, 2 lieutenants et 2 sous-officiers de chaque régiments sont envoyés à l'école de Saumur.
Le marquis Ducros de Chabanne influence l'école pour enseigner les principes équestres de Jacques d'Auvergne à la Grosse Cavalerie.
Jean-Baptiste Cordier est responsable de la Cavalerie Légère.
Le 24 décembre 1821, plusieurs sous-officiers, qui partaient secourir des civils lors d'un incendie urbain, sont tués par la chute d'un mur.
Une liste comprenant les noms de conspirationnistes bonapartistes est trouvée dans la poche d'un des sous-officiers tués.
40 sous-officiers de l'école sont alors arrêtés et le directeur de l'école (le Maréchal Gentil-Saint-Alphonse) est sommé de s'expliquer.
Le 5 novembre 1823, l'école de Saumur est transférée à Versailles.
Le 10 mars 1825, Charles X recrée l'école en la renommant École Royale de Cavalerie.
Le Général Oudinot est nommé directeur.
Jean-Baptiste Cordier devient le premier Écuyer en chef du manège.
En 1828, le 1er carrousel est présenté.
À partir de 1830, Saumur devient la seule École dépositaire de la tradition équestre française après la fermeture de l'École de Versailles.
En 1847, la forme des sauts est fixée et ne changera plus jusqu'à nos jours[18].
Le 11 novembre 1854, Marie Isabelle (épouse du prince Jérôme Napoléon) vient à Saumur pour donner des cours de dressage à pied.
C'est la première femme qui a été admise au Manège de Saumur.
Le 16 mars 1864, Alexis L'Hotte est écuyer en chef.
Il décide d'interdire le travail de haute école, sauf pour ses chevaux personnels. Il entend former en priorité des cavaliers et des montures aptes au combat.
En 1865, la Société Hippique Française est créée.
C'est le début de l'équitation sportive.
En 1866, Alexis L'Hotte présente pour la première fois dans un concours, des sauts en liberté avec des élèves de l'École.
En 1870, son successeur a reçu l'ordre de pratiquer de plus en plus des pratiques sportives et en extérieur.
En 1875, L'Hotte prend la direction de l'École.
L'écuyer en chef est le Commandant Duthil.
En 1876, les généraux du Barail et L'Hotte définissent un nouveau règlement du Manège de Saumur.
Le commandant Pietu succède à Duthil.
Il fait passer le nombre d'écuyers à 14 et achète des terrains dont celui de Terrefort, où se trouve le Cadre Noir.
L'École se tourne de plus en plus vers l'équitation sportive.
Pietu gagne la première course sur l'hippodrome de Saumur.
En 1886, le Manège se déplace à Paris devant Jules Ferry, Président du Sénat.
En 1898, le chef d'escadron de Contades fait changer la couleur des uniformes qui deviennent noirs à la place du bleu.
Le nom de "Cadre noir" s'impose comme nom d’usage.
Au début du 20ème siècle, le Cadre Noir s'intéresse aux compétitions équestres aux Jeux Olympiques, à la demande du lieutenant-colonel Blacque-Belair.
Les disciplines de dressage, saut d'obstacles et concours complet d'équitation sont proposées.
Pendant la Première Guerre Mondial, le Manège est dissous.
Les écuyers sont répartis sur les autres unités.
En décembre 1918, l'École et le Manège rouvrent leurs portes.
Le Commandant Wattel est chargé de remettre en fonctionnement le service du Manège.
Il a moins d'un an pour le faire car à partir d'octobre 1919, entre 250 et 300 élèves de toutes catégories sont attendus.
Ils ont tous fait la guerre.
Il y a énormément de travaux car les bâtiments de l’école de cavalerie ont servi de baraquements aux artilleurs américains.
Les écuries sont inutilisables et une carrière a été transformée en stade.
En octobre 1919, l'École est remise en état.
450 chevaux y sont hébergés.
Wattel fournit une nouvelle tenue au Cadre Noir : une tunique fendue noire.
En 1922, un Centre de Préparation aux Épreuves Sportives est construit.
En 1928, lors des Jeux Olympiques, des écuyers du Cadre Noir participent aux compétitions, à Amsterdam.
Le Commandant Pierre Danloux participe à une épreuve de dressage, mais il est éliminé.
En 1932, deux écuyers du Cadre Noir rapportent une médaille d'or et une en argent lors des Jeux Olympiques à Los Angeles.
La Deuxième Guerre Mondiale est déclarée.
800 chevaux sont envoyés au front.
Mais l'armée allemande franchit les Ardennes.
Le 15 juin 1940, les 800 élèves de l'École de Cavalerie ont pour mission de tenir une position s'étalant sur 40 kilomètres le long de la Loire, face à la Première Division de Cavalerie Allemande.
Le 16 juin 1940, le lieutenant-colonel de Laissardière, accompagné de 40 palefreniers, est chargé d'emmener en train et en camion les 400 chevaux restants vers la future zone libre.
À Poitiers, Laissardière négocie et peut partir à Montauban.
Le 22 juin 1940, les combats sur la Loire cessent.
Laissardière s'installe à Tarbes.
Le 10 octobre 1940, l'instruction des officiers reprend à Tarbes.
Le 1er janvier 1941, un nouvel écuyer en chef est nommé.
Les cadres du Manège sont inscrits en tant que sportifs et non militaires, de même leurs galons sont noirs et non dorés.
Les selles à piquer sont remplacées par des selles classiques.
La tenue est celle d'avant Wattel, par manque de nouvelles tenues.
En novembre 1942, l'armée allemande envahit la zone libre.
Par la suite, l'Armée Française est dissoute.
Après d'âpres négociations, le Manège est maintenu
L'École Nationale d'Équitation déménage au Carrousel de Fontainebleau et est sous la supervision du Commissariat aux Sports.
Pendant la guerre, l'École de Cavalerie de Saumur a été transformée en prison et le manège est devenu un garage.
Le 30 août 1944, la ville de Saumur est libérée.
Le 1er janvier 1945, le Colonel Préclaire rouvre l'École.
Le 1er août 1945, l'école devient l'École d'application de l'arme blindée et de la cavalerie.
En 1968, le Cadre Noir devient un Établissement civil.
Avant les années 1970, l'École de Saumur est une École de Cavalerie, où le cheval est utilisé à des fins militaires.
En 1972, l’École nationale d'équitation est créée et le Cadre noir est rattaché au Ministère de la Jeunesse et des Sports.
Au milieu des années 1970, le Cadre Noir est menacé d'être supprimé.
Il sera sauvé grâce à la diplomatie et la promotion de l'État.
En 1984, Florence Labram (lauréate du cours de formation des instructeurs) et Mireille François (professeur au cercle parisien de l'Étrier) sont les premières femmes à bénéficier de l'enseignement du Cadre noir.
Le 21 janvier 1986, le Cadre noir devient un organisme officiel.
Jusqu'à cette date, le Cadre Noir était nommé "Les écuyers du Manège de Saumur" par l'Armée Française.
Depuis 1989, le directeur du Cadre Noir est un civil.
Depuis 2010, le Cadre Noir fait partie de l'Institut Français du Cheval et de l'Équitation.
Les écuyers sont des civils ou des militaires.
Fin 2011, l'Équitation de Tradition Française exercée au Cadre Noir est inscrite sur la liste du Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité par l'Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (UNESCO).
Quelques chevaux dans les écuries du Cadre Noir, dont un qui a participé aux Jeux Olympiques de Paris en 2024 :
Pour plus de renseignements afin de visiter le Cadre Noir :
/image%2F7033530%2F20250628%2Fob_14d1a8_20240718-105224.jpg)
/image%2F7033530%2F20250628%2Fob_3fb124_20240718-105445.jpg)
/image%2F7033530%2F20250628%2Fob_1594c1_20240718-105230.jpg)
/image%2F7033530%2F20250628%2Fob_76c73f_20240718-105213.jpg)