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Mes visites du Patrimoine Français

Abbaye de Noirlac (Cher)

17 Juin 2025 Publié dans #Cher

Le 31 août 2023, j'ai visité l'Abbaye de Noirlac.

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Abbaye de Noirlac (Cher)

Le 27 octobre 1136, un groupe de moines originaires de l'Abbaye de Clairvaux en Bourgogne fonde la Maison-Dieu-sur-Cher.

 

Le Monastère fait parti de l'Ordre de Citeaux et occupe les terres du Seigneur Ebbes V de Charenton. 

Les terres se trouvent dans une zone boisée inhospitalière et marécageuse. 

La communauté est dirigée par Robert de Châtillon sur l'Allier.

 

Dès le début de l'installation des moines, un système hydraulique a été mis en place.

Les moines captent ainsi une source située au nord du transept.

 

Une église reprenant le plan Bernardin (déjà à l'origine de l'Abbatiale de Fontenay) est construite.

 

En 1147, l'église est consacrée.

 

En 1149, Saint Bernard écrit une lettre à l'abbé Suger (abbé de Saint Denis et Conseiller du Roi de France Louis VII) concernant la précarité de la communauté de Maison-Dieu-sur-Cher. 

 

En 1150, Ebbes V de Charenton établi une charte donnant tous les droits seigneuriaux du lieu-dit La Maison Dieu (comprenant une partie du bois, un court d'eau depuis les moulins de Humbert jusqu'à l'abbaye et les terres de Chalais, Saint-Loup et Fleuret) aux moines de Clairvaux. 

 

À l'origine, ces droits appartenaient aux moines bénédictins du Prieuré de La Celle-Bruère.

Ils avaient un Prieuré à Bruère-Allichamps.

Ebbes V de Charenton leur donne une compensation.

 

Entre 1150 et 1160, le chœur, le transept et les deux dernières travées de l'église sont construits.

 

En 1159, Agnès (épouse d'Ebbes V de Charenton) confirme la donation des droits seigneuriaux aux moines de Clairvaux à Pierre de La Châtre, archevêque de Bourges et primat d'Aquitaine.

Agnès confirme également que l'Abbaye de Bussières qu'ils avaient fondée pour les moniales, est rattachée à l'Abbaye de Noirlac.

 

Entre 1170 et 1190, le mur de l'église longeant le cloître est construit, de même que la salle capitulaire, la salle des moines et le dortoir des moines au premier étage à l'est du cloître.

Pour finir, le bâtiment des Convers à l'ouest du cloître est construit. 

 

En 1189, Ebbes VI de Charenton (fils d'Ebbes V) confirme à son tour les donations de son père, à la demande de l'archevêque de Bourges, Henri de Sully.

 

Au début du 13ème siècle, un porche est accolé à la façade.

Le réfectoire au sud du cloître est construit quelques années plus tard. 

 

Pendant la première moitié du 13ème siècle, les donations continuent.

Elles concernent des bois, des terres, des vignes, des étangs, des moulins et des maisons de ville, au profit de l'Abbaye de Maison-Dieu-sur-Cher.

 

De 1270 à 1280, les galeries Nord et Ouest du cloître sont construites.

 

Les Convers disparaissent progressivement. 

La ruelle des convers est supprimée et est remplacée par la galerie Ouest du cloître puis les galeries Est et Sud.

 

En 1290, l'Abbaye de la Maison-Dieu-sur-Cher prend le nom d'Abbaye de Noirlac, à cause de l'étang qui la bordait. 

 

Les seigneurs de Charenton ainsi que les nombreux donateurs sont enterrés dans le cimetière et dans le cloître.

Les tombes de plusieurs abbés, d'Ebbes V et de son épouse Agnès, de leur fils Ebbes VI, de Mahaut (fille d'Ebbes VI) et de son mari Renaud de Montfaucon, se trouvent dans la salle capitulaire.

 

De 1358 à 1360, pendant la Guerre de Cent Ans, le Berry et l'Abbaye de Noirlac subissent les ravages occasionnés par les soldats du Capitaine Anglais Robert Knolles.

Ils occupent le Monastère. 

 

Mais d'autres ravages incombent aux Grandes compagnies, aux Écorcheurs et à la Praguerie.

 

Par la suite et afin de se protéger, les moines entreprennent de fortifier l'Abbaye.

Ils font appel à Jean Bourguignon de Saint-Amand.

Un donjon est construit.

 

En 1423, Guillaume d'Albret (seigneur d'Orval), confirme le droit de faire fortifier l'Abbaye et d'en la garde à un capitaine.

 

En 1435, le Traité d'Arras est signé. 

 

Entre 1435 et 1438, les Écorcheurs sont menés dans le Berry par Rodrigue de Villandrando et Jean de Bourbon.

 

Au printemps 1437, Rodrigue de Villandrando et Jean de Bourbon prennent la route de Saint Amand-Montrond et investissent le Château de Montrond.

Le château leur sert de Quartier Général.

L'Abbaye de Noirlac subi les ravages des Écorcheurs.

 

Après la fin de la Guerre de Cent Ans, la communauté moniale vit au-dessus de ses moyens en raison d'importantes donations jusqu'à la fin du 13ème siècle.

Cette situation avait entrainé des divergences parmi les membres de la communauté cistercienne de Noirlac.

 

En 1459, un moine avait renié plusieurs fois sa fonction et avait été réhabilité par le Chapitre Général.

 

En 1476, un autre moine a été condamné à la prison perpétuelle par le Chapitre Général pour avoir assassiné un autre moine.

 

En 1521, le Chapitre Général charge l'abbé de Bouras de visiter l'Abbaye de Noirlac et de la réformer.

 

La vie qquotidienne dans l'Abbaye est profondément modifiée.

L'abbé s'installe dans l'ancien bâtiment des convers, au-dessus du cellier.

Avec les moines, il partage une entrée commune sous le donjon.

Lorsque l'abbé s'absente du monastère, un Prieur est nommé pour assurer le fonctionnement de l'abbaye.

 

En 1569, les Protestants, commandés par Wolfgang de Bavière, traversent à marche forcée le Berry dans sa partie Nord-Est.

L'armée huguenote allemande pille toutes les églises qui se trouvent sur son chemin.

Cependant, l'armée de Wolfgang de Bavière n'est pas responsable de la destruction du porche de l'église et du pignon Nord du transept de l'abbaye.

 

Entre 1650 et 1652, pendant la Fronde, le Prince Louis II de Bourbon-Condé, dit le Grand Condé, tient la forteresse de Saint-Amand Montrond qui est assiégée par les troupes Royales.

L'Abbaye passe tour à tour dans les mains du Grand Condé ou des troupes Royales.

L'Abbaye subit de nombreuses dégradations et destructions.

 

En 1654, de nombreux bâtiments sont détruits par les soldats des deux camps.

À Noirlac, il ne reste que 4 moines.

 

Pendant la deuxième moitié du 17ème siècle, l'abbé commendataire et les moines se partagent le Monastère. 

Le bâtiment des convers, la galerie du cloître ouest et la grande cuisine sont à la disposition de l'abbé. 

Le cloître, le dortoir, le réfectoire, la chambre des hôtes et les greniers au-dessus des 3 autres galeries du cloître sont à la disposition des moines. 

Le pape Alexandre VII a accordé aux moines de diviser le dortoir en cellules. 

 

En 1717, l'abbaye est dans un triste état malgré les travaux effectués par l'abbé Claude de Mauroy. 

 

Son successeur, l'abbé Antoine Louis d'Aurillac habite à l'hôtel Saint-Vic à Saint-Amand-Montrond. 

Il fait réaliser un état des lieux avant d'entreprendre des travaux de restauration. 

Un partage des biens et revenus de l’abbaye est effectué par l'abbé. 

Le dortoir des convers est attribué aux moines, tandis que la maison de Saint-Vic (actuel musée) revient à l'abbé. 

 

De 1724 à 1730, la première partie des travaux de restauration est réalisée. 

Les travaux sont financés par l'abbé. 

 

À partir de 1740, une deuxième tranche de travaux débute. 

Les chambres des moines situées dans le dortoir deviennent confortables.

Le bâtiment se trouvant entre l'aile orientale, le bâtiment des moines, et l'ancien réfectoire sont réaménagés.

L'église reçoit des boiseries.

Les moines installent des chambres d'hôtes dans l'ancien réfectoire.

Un escalier monumental permettant d'accéder aux chambres d'hôtes est construit.

 

En 1766, l'archevêque de Bourges reçoit un rapport sur l'état de l’abbaye.

L'église est bien entretenue, les bâtiments de l'abbaye sont en bon état, le dortoir est quasiment neuf et compte 9 chambres dont une qui sert d'archives et une autre sert d'infirmerie.

Antoine Louis d'Aurillac est abbé depuis 40 ans et l'abbaye compte 5 moines, tous prêtres. 

 

En 1790, l'abbaye est sécularisée.

 

En 1791, l'abbaye est vendue comme bien national à Jean Amable Desjobert pour 150000 francs.

À cette époque, il est secrétaire des commandements du Maréchal de Soubise. 

Il est emprisonné pendant la Révolution.

Il laisse ses terres à la ville de Saint-Amand-sous-Montrond qui donne son nom à une promenade.

 

En 1822, Hall (citoyen d'origine britannique ayant des intérêts dans des faïenceries de Creil, Montereau et Gien) rachète l’abbaye de Noirlac afin d'y installer une manufacture de porcelaine.

 

De 1822 à 1866, la manufacture fabrique de la porcelaine. 

L'église est divisée par un plancher sur deux étages.

Des fours sont placés contre le mur Nord du collatéral.

Les greniers du cloître sont rehaussés et agrandis et deux grandes ouvertures sont percées dans la galerie Sud du cloître ce qui provoquera l'effondrement des voûtes.

Le cloître est également rehaussé afin d'aménager des greniers de séchage et de stockage des porcelaines.

 

En 1833, Hall revend l'abbaye à la famille Pillivuyt de Foëcy qui est déjà propriétaire d'une manufacture à Mehun-sur-Yèvre.

 

En 1837, Prosper Mérimée visite l'abbaye.

Il constate avec amertume les dégradations liées aux aménagements porcelainiers et le manque d'entretien des couvertures.

 

En 1854, la fabrique de porcelaine dans l'abbaye est rattachée à celles du porcelainier.

 

En 1862, l'Abbaye de Noirlac est classée aux Monuments Historiques. 

Mais les propriétaires de la manufacture de porcelaine ne dépensent rien pour restaurer l'abbaye. 

 

En 1866, l'exploitation se termin.

Les ouvriers de la manufacture sont repris par une nouvelle entreprise à Bruère-Allichamps, la fabrique Avignon (encore existante de nos jours sous le nom d'Avignon Ceramic).

 

Après la fin de la fabrication de porcelaine, des examens des bâtiments sont conduits par l'abbé Jules Pailler (curé de Saint-Amand-Montrond).

 

En 1893, il découvre le squelette de Robert de Châtillon, fondateur de l'abbaye, lors de fouilles dans l'armarium.

Robert de Châtillon n'avait pas été enterré dans la salle capitulaire avec les autres abbés puisque celle-ci n'existait pas lorsqu'il est décédé. 

 

La même année, en 1893, l'abbé Jules Pailler achète l'abbaye avec le projet d'y installer un orphelinat industriel et agricole.

Le projet est abandonné. 

 

Cependant, Georges Darcy (architecte départemental des Monuments Historiques)  avec le concours de l'historien Alphonse Buhot de Kersers, instruit un dossier auprès du ministère présentant l'état général de l'abbaye et son entretien.

Les Monuments Historiques s'associent avec l'abbé Jules Pailler afin de restaurer les bâtiments.

 

En 1896, le Monastère est à nouveau mis en vente.

L'Abbaye est achetée par la communauté des Sœurs épouses du Sacré-Cœur de Jésus pénitent sis de Loigny Eure-et-Loir.

Cette communauté est condamnée par le Saint-Office dans le courant de l'année.

 

En 1901, la communauté religieuse est dissoute par la loi sur les associations et ses biens sont mis sous séquestre.

 

Le 29 décembre 1909, Étienne Dujardin-Beaumetz (sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts) visite l'abbaye.

Le département du Cher désire acheter l'abbaye avec une aide financière de l'État.

 

Le service des Monuments Historiques fait faire des travaux de conservation.

 

Entre 1909 et 1910, l'abbaye sert de colonie de vacances aux Petits chanteurs à la Croix de bois.

 

En 1938 et 1939, l’abbaye sert de camp d’internement pour les réfugiés espagnols qui avaient été chassés lors de la Guerre Civile.

Environ 5000 réfugiés sont comptabilisés pour l'année 1939.

 

En avril 1939, Jean Zay demande l'évacuation des réfugiés des bâtiments classés aux Monuments Historiques. 

 

En octobre 1939, les réfugiés restants sont transférés à Chateaufer. 

 

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l'abbaye sert d'annexe à l'hospice de Saint-Amand-Montrond.

70 lits ouvrent provisoirement afin de soigner les épidémies et les maladies causées par les carences alimentaires.

 

En 1949, l'abbaye est à nouveau abandonnée.

 

De 1950 à 1980, des travaux de restauration sont effectués. 

 

En 1977, les vitraux de l'église et du réfectoire sont réalisés selon les cartons de Jean-Pierre Raynaud et mis en place.

 

En 2007, le Conseil Départemental du Cher crée un établissement public de coopération culturelle afin de gérer l'Abbaye de Noirlac.

 

En 2008, le Ministère de la Culture donne le label Centre Culturel de Rencontre (CCR) à l'abbaye.

Un projet autour de la sauvegarde et de la mise en valeur de son patrimoine est porté par l'abbaye.

 

En 2015, Loïc Guénin (compositeur) écrit une partition graphique intitulée WALDEN (abbaye de Noirlac) en insistant sur l'histoire de l'abbaye.

La pièce est créée par Ars Nova lors des Journées Européennes du Patrimoine.

L'accès à l'Abbaye de Noirlac peut se faire à pied depuis le Lac de Virlay, sur la commune de Saint-Amand-Montrond :

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Abbaye de Noirlac (Cher)
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Les bâtiments de l'Abbaye de Noirlac :

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Pour plus de renseignements afin de visiter l'intérieur de l'Abbaye de Noirlac :

https://www.abbayedenoirlac.fr

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